4 conseils pour garder votre illustrateur•ice en bonne santé

Ces conseils valent pour les parents qui ont des enfants en école d’art, les boss qui sont perplexes devant leurs DA qui font le chien tête en bas dans l’open space, les clients qui se demandent pourquoi on ne met pas toujours la caméra en visio et les illustrateurices qui se demandent ENCORE pourquoi après une semaine de 58h ils ont mal à la fesse droite.


1/ Tant pis pour le style


L’illustrateurice a grandi avec l’image des ateliers d’artistes dans la tête… C’est donc tout à fait normal qu’iel ne fantasme pas sur une chaise ergonomique en mousse à mémoire de forme avec pédale et dossier anti-transpirant. Néanmoins, il va falloir y songer parce qu’iel va passer beaucoup de temps assis•e à se brûler la rétine sur un écran ou penché•e sur une feuille de papier.


Le must-have du moment, c’est le bureau réglable en hauteur. Idéal quand votre illustrateurice est multi-talents et qu’iel fait parfois de l’ordi, parfois de la peinture, parfois de la gravure, parfois de la reliure. Adapter la hauteur de son plan de travail à son activité, c’est un luxe que j’ai découvert avec une énorme joie dans les lombaires et la nuque.


C’est très romantique, mais on oublie la bougie ! On éclaire bien son espace de travail. En pleine concentration, l’illustrateurice oublie fréquemment d’allumer la lumière quand la nuit tombe (et dieu sait qu’iels bossent tard) et finit par se tuer les yeux. De toute façon on va tou•tes finir myopes à force de regarder nos écrans… mais mieux vaut prévenir que guérir.


L’illustrateurice est sédentaire. À cause de toutes ces heures passées immobile et assis•e, il faut lui éviter les coups de froid. Son style lui importe beaucoup mais la facture EDF aussi, donc couvrez-le•a bien.


ça vaut pour le matos aussi, adieu le style. Voici une liste non exhaustive d’accessoires qu’on trouve moches mais qui peuvent sauver un canal carpien : gant de doigt pour les utilisateurs de tablette-écran, gros grip en caoutchouc autour des stylets et des crayons, tapis de souris avec coussinet en gel…


2/ Ne touchez à rien


Même si son bureau ressemble à un cockpit d’avion, saturé d’écrans et de tablettes graphiques, l’illustrateurice a besoin d’objets qui l’inspirent autour de lui. Magazines, livres d’art et piles de carnets vont remplir son espace dans un équilibre souvent précaire. Les murs vont sûrement être tapissés d’images qui l’inspirent. Et parfois l’inspiration, c’est le logo sur un ticket de caisse d’une épicerie ukrainienne… donc ne le jetez pas. Ne jetez rien à sa place. Ne touchez à rien, laissez le•a faire le tri et le ménage seul•e quand iel le décidera.


Il y a évidemment des exceptions. Tout•es les illustrateurices de sont pas comme ça mais ce qui est sûr, c’est que le conseil vaut deux fois plus si c’est un•e minimaliste : ne touchez SURTOUT à rien.


3/ Entretenez son physique d’athlète


Même si vous lui avez achetez une chaise Argonomika 3000, l’illustrateurice reste un être humain comme les autres. Quiconque bosse à un bureau doit suivre les mêmes conseils de santé. Il faut savoir que les problèmes sont différents selon que votre illustrateurice fait du numérique ou du tradi. Lorsque vous êtes devant un écran, vos mouvement sont réduits à la taille de votre tablette graphique ou de votre tapis de souris. Lorsque vous travaillez en traditionnel vos bras sont plus en mouvement, vos gestes doivent être plus amples, vous devez régulièrement vous lever pour aller chercher du matériel (eau, encre, papier).

Dans le premier cas, les problèmes récurrents vont apparaître au niveau des mains et les cervicales ; dans le deuxième, ce sera le dos et beaucoup de courbatures. J’ai personnellement fait l’expérience du syndrome du canal carpien : quand vous l’avez, c’est fini. C’est à vie, et ça rigole pas en terme de seuil de douleur.


Poussez-le•a à regarder au loin (par la fenêtre par exemple) pour étirer sa vision. La majorité du temps, iel va regarder à moins d’1 mètre devant son carnet, son plan de travail ou son écran. Donc il faut stimuler l’élasticité de ses yeux en sollicitant sa vision de loin.


Qu’iel soit étudiant•e, employé•e ou freelance, votre illustrateurice doit donc bouger, il n’y a pas d’autres solutions. Même si ces derniers temps, la pandémie a considérablement ébranlé ma motivation, je fais d’ordinaire du yoga 2 fois par semaine, je m’étire (dos, nuque, bras, mains, doigts) et je me lève toute les heures même si c’est juste pour faire un aller-retour jusqu’à mon chat.

4/ Musclez son esprit


Frank Berzbach en parle très bien dans L’Art d’une vie créative : on dissocie souvent vie pro et vie perso. Dans le cas de l’illustrateurice, comme pour n’importe quel métier créatif, ça n'est pas aussi simple à cause d’un élément central : l’inspiration.


L’inspiration arrive la plupart du temps quand votre illustrateurice a eu le temps d’avoir l’esprit libéré des contraintes, loin du stresse, un temp où son esprit peut papillonner. C’est pour ça qu’iel a besoin de s’entourer d’images, de regarder par la fenêtre, prendre une douche, discuter avec ses pairs, sortir courir, aller au musée, au cinéma, dans une librairie, ou même au supermarché.


Ne vous méprenez pas, les illustrateurices travaillent beaucoup, font rarement du 35 heures et lorsqu'iels sont freelance prennent rarement des congés. Le rythme effréné du monde du travail n’est pas vraiment pensé pour eux (mais est-il vraiment pensé pour aucun d’entre nous en réalité ?). Alors prenez bien soin d’elleux, parce qu’un illustrateurice en bonne santé est un•e illustrateurice créatif•ve.