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#01 Tout est politique : ça commence par moi


Depuis maintenant un an je suis représentée par un agent qui s’occupe exclusivement d’artistes engagé·e·s. Pendant un bon moment j’ai pensé qu’il n’était pas important pour moi de mélanger mes engagements politiques et le travail, j’avais même tendance à penser que c’était quelque choses de personnel à bien garder chez soi. Et puis j’ai changé d’avis et j'ai envie de vous en parler un peu plus.


Je me lance donc dans une série d'articles pour vous parler de mes engagements et de ce qui est politique dans mon travail. J’espère que vous allez me suivre dans cette entreprise et lire la suite.



Ça commence plus tôt que vous ne le pensez

Si vous vous considérez comme politisé·e, vous vous êtes peut-être déjà demandé quel a été l’âge et les évènements déclencheurs qui ont forgé votre opinion. Aux personnes a qui j’ai posé la question, beaucoup m’ont répondu que c’était lorsqu’elles ont eu l’âge de voter. J’ai longtemps pensé pareil, parce que j’ai confondu ma carte électorale avec ma légitimité à parler de politique.


C’est arrivé bien plus tôt en réalité : en faisant mon coming out bi à 14 ans j’avais déjà fait du politique, en lisant Despentes et Beauvoir à 16 ans j’avais déjà lu du politique, et en participant à une manifestation à 17 ans j’étais déjà dans l’action politique.


Ce que je suis est politique

Je suis une femme blanche cisgenre, bisexuelle de classe moyenne. Je subis une double discrimination de par mon genre et mon appartenance à la communauté LGBTQ+. Je suis également dans une position de privilégiée de par ma blanchité et ma classe sociale.

J’estime ne pas avoir eu le loisir de choisir de ne pas être politisée, tout simplement parce que je ne correspond pas à ce que cette société attend de moi, ça m'a pousser à développer certaines choses par survie : Je me suis déconstruite, j’ai développé un esprit critique, des valeurs et un besoin de résister.


J’ai un ADN profondément queer, féministe et écolo, et comme ça fait parti de moi ça se retrouve dans mon travail.



Ce que je produis est politique

J’ai choisi de travailler dans les arts graphiques, je gagne ma vie en créant des supports de communication publicitaire, pédagogique, informatif, artistique.


Dès la première année où j’ai mis le pied dans le monde du travail je me suis dis qu’il y avait moyen de faire bouger les lignes, que ça n’allait pas se faire tout seul et que parfois ça peut venir de l’intérieur. J'ai poussé une marque de skincare a montrer plus de personnes racisées en photo, proposer un shooting avec un couple gay pour une marque de scooter en libre service, fait un clip de musique sur les injonctions faites aux mères pour un grand groupe de service floral.


Et je ne l'ai pas fais toute seule, c'est arrivée en collaborant avec des collègues aussi motivé·e·s que moi , en étant employée par des entreprises qui sont ouvertes à de nouvelles propositions, et en défendant nos idées à des client·e·s qui ont dis oui.


Ma patronne est politique

J’ai un statut d’artiste-auteur. Je suis donc ma propre patronne. Et j’ai choisi d’être la patronne dont j’avais besoin : 30h/semaine, pas d’heure sup le soir, ni pendant le week-end et des vacances 3 fois par an. Ma manière de travailler est politique.


Et ça passe aussi par le fait de choisir mes projets et parfois dire non à certains.



Mes client·e·s sont politiques

Au début je pensais que le politique ça restait chez soi : parce que ça fait fuir l’argent, qu’il faut plaire à tout le monde, qu’on pourrait perdre un gros client qui n’a pas les mêmes opinions que nous. Mais est ce qu’on veut travailler pour une marque qui détruit la planète ? ou encore pour un service qui véhicule des idées sexistes dans sa communication ? En réalité non et c'est devenu un vrai critère pour moi.


Lorsque j‘ai décidé de me mettre a mon compte je voulais accéder au pouvoir de choisir mes projets. Travailler plus souvent pour des associations, des ONG et être aussi libre de dire non lorsqu’on me fait une demande qui n’est pas en accord avec mes valeurs.


S’engager c’est prendre un risque

Je suis profondément persuadé que tous les jours nous faisons des choix politiques. Que ce soit lorsqu’on fait un don, en allant voter, ou dans notre manière de consommer. J’ai compris que tout ce que je choisissais de faire ou de ne pas faire a une conséquence culturelle, sociale et environnementale, à mon échelle.


Notre société est un système qui dépend de nous. Nous en sommes le moteur. Et ce système il peut être changer par nos paroles, nos choix et nos actions.


Yorumlar


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